Quelque chose ne tourne pas rond chez nous…

On agite la préservation de notre terre pour focaliser notre attention sur les spéculateurs qui veulent nous en déposséder.

Et, une fois notre colère attisée contre le spéculateur le responsable de la crise du logement (alors qu’à Bastia, par exemple, la spéculation est liée à une offre en logements bien inférieure à la demande), ces mêmes « on » se posent en héros, défenseurs d’une terre que l’on sacralise.

Que l’agriculture soit importante, nul ne saurait en douter. Ce qui ne manque pas de sel c’est qu’une bonne partie de ceux qui en font l’avenir de notre jeunesse ambitionnent très souvent bien autre chose pour leurs propres enfants.

Ce qui est important sur notre île, l’âme de la Corse, ce sont les personnes qui y vivent. Et, si protéger la terre est une condition nécessaire à la défense des intérêts des Corses, c’est loin, très loin, d’être suffisant.

Tous les débats sont bons et aucun ne doit être refusé.

On peut parler d’indépendance

On peut évoquer l’autonomie

On peut discuter de réforme constitutionnelle, d’article 72-5 ou d’un nouvel article.

Mais, on ne peut pas faire de ces débats une condition préalable au règlement de certains problèmes qui accablent le quotidien des insulaires.

Parmi eux, on retrouve la problématique du pouvoir d’achat.

Ceux qui en font une problématique subalterne en évoquant, par exemple, le parc automobile avec une part qu’ils estiment importante de voiture haut de gamme m’insupportent.

Il est bien plus facile d’exhiber sa richesse ou des signes extérieurs de richesse que sa misère.

Mais pendant que l’on veut protéger la Corse des spéculateurs, on néglige les sociétés qui mettent notre ile en coupes réglées.

Dans la distribution des carburants, les dépôts pétroliers représentent une infrastructure dite essentielle.

Dans l’indifférence totale, le groupe Rubis, par le biais de sa filiale Rubis terminal, a pu en devenir l’actionnaire ultra majoritaire. Tout d’abord, il a acquis 35.5% en 2009, puis 53.5% en 2010 et enfin 75% en 2017. Personne ne s’en est soucié !

Or, en 2020, Rubis a concrétisé un partenariat avec le fonds d’investissement « I Squared Capital » qui est rentré dans le capital de « Rubis terminal » à hauteur de 45%.

L’infrastructure essentielle que sont les dépôts pétroliers de la Corse sont à deux doigts de devenir propriété d’un fonds d’investissement américain.

Mais, le domaine de la santé est également concerné. Il y a quelques mois, le groupe Almaviva, un groupe de cliniques privées, a racheté le groupe médical Maymard,..

Or, le groupe Almaviva est sur le point de passer sous le contrôle de Wren House, qui est affilié à « Kuwaït Investment Authority ».

En d’autres termes, le premier groupe d’hospitalisation privé en Corse est sur le point de devenir la propriété d’un fonds souverain koweïtien.

Et cela, alors que l’hôpital public de Bastia, à force de balancer entre rénovation et construction d’un nouvel établissement, se trouve prisonnier d’un statu quo de plus en plus préoccupant.

Alors que l’on érige la terre en symbole sacré, dans le même temps, on laisse des infrastructures essentielles et des secteurs stratégiques tomber entre les mains de fonds d’investissement étrangers. Des fonds d’investissement dont le seul souci est d’engendrer des dividendes mais certainement pas de défendre l’intérêt général des Corses.

Je serais presque tenté de dire qu’il y a comme de l’enfumage !

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