Coup de pied dans la fourmilière !

Les résultats des dernières élections ont lourdement sanctionné la gauche insulaire. Pour la première fois depuis 1982, elle ne siègera pas à l’assemblée de Corse.

Cependant, la disparition des partis politiques ne signifie pas qu’il n’y a plus d’électeurs se réclamant de gauche.  Cela indique surtout qu’ils n’arrivent plus à convaincre.

Il faut admettre que « Femu a Corsica » a remporté haut la main la dernière échéance régionale en atteignant seul le seuil de la majorité absolue.

Pour cela, il a réussi à fédérer au sein de sa propre famille mais également au-delà. Les « leaders » de la gauche insulaires auraient bien tort de se sentir trahis par leur électorat. Il y a fort à parier que ce dernier aurait, au mieux peur eux, privilégié l’abstention.

D’ailleurs si cette dernière est nettement plus faible que sur le continent, elle reste élevée dans une ile que l’on décrit comme très politisée. Elle était de 41.09%. Certes mieux qu’en 2017 avec 47.41% mais nettement moins bien qu’en 2015 32.97%.

Le succès de Gille Simeoni repose, entre autres, sur le fait qu’il reste hermétique à la vague abstentionniste. Il pesait 22.99% des inscrits en 2015 et 23.17% en 2021.

En revanche, la gauche s’est totalement diluée dans l’abstention. Le constat est clair elle n’est plus audible quant à sa capacité à améliorer le quotidien des Corses. Un comble pour la gauche !

Il faut dire qu’à la différence du nationalisme. La gauche insulaire s’est enfermée dans une vision non pas passéiste mais carrément archaïque de la société.

Au moins dans la forme, les nationalistes ont su faire rentrer la société insulaire dans le 21ème siècle. Pour le fond, bien entendu, le débat reste ouvert et cela dépend que l’on se place du coté de la majorité ou de l’opposition. Pour ma part, je ne peux que déplorer qu’on l’on soit resté au stade des incantations en préférant les symboles et l’exploitation du ressenti à la réalité.  

Alors que « Femu a Corsica » fait élire pour la première fois une femme à la présidence de l’assemblée de Corse, la gauche elle sélectionne bien souvent les femmes en fonction de leur nom et du supposé poids électoral de leur famille ou belle famille.

Alors que les nationalistes arrivent à séduire des jeunes au CV très riche grâce à leur dynamique, la gauche pense encore qu’un médecin va faire voter en bloc ses patients comme il y a 50 ans !

Alors que les premiers sont capables de proposer un renouvellement, les seconds recyclent à l’infini des « leaders » en changeant d’une élection à l’autre leur place sur une liste.

Pour bien comprendre l’échec actuel, il faut revenir à l’origine de la montée en puissance de la gauche. Je n’inclus pas le PCF qui malheureusement, pour lui, est dans une tendance nationale d’effritement.

La gauche corse, ce sont des « noms » qui ont choisi une étiquette et qui se sont entoures de personnes maitrisant la mécanique électorale.

Cependant, en misant tout sur leur « noms », ils ont raté certaines évolutions.

Ils ont confondu l’exigence de parité avec une journée portes ouvertes chez Interflora. Quant aux jeunes peu importe leur qualification, ils les ont réduits à une première place sur les photos de campagne en guise de cure de jouvence.

Tout reposait sur un « nom » et des apporteurs de voix communément dénommés « gros poissons ».

Pour une raison ou une autre, lorsque ces « noms » se sont retirés de la vie politique, la gauche fut dépourvue de relève. Il n’est resté qu’une mécanique électorale qui n’a pas compris que la société changeait radicalement. C’est un peu comme jouer au tennis moderne avec une raquette en bois ce qui explique, en partie, sa déroute permanente depuis 2014.  

Mais, non, la gauche n’est pas morte. Cependant, elle ne doit pas se contenter d’un ravalement de façade mais se reconstruire autour d’un défi central : sa capacité à améliorer la vie des Corses.

La gauche doit nourrir une autre ambition que de n’être qu’une « force » d’appoint noyée dans le nationalisme. Oui, il y a des nationalistes de gauche mais pour être de gauche, il n’y a pas obligation d’être nationaliste.

Je réfute également la théorie d’un pseudo leader autoproclamé de la « gauche » bastiaise qui, bien des fois, confond politique et campagne marketing pour une lessive qui lave plus blanc que blanc. Une théorie qui consiste à ne voir d’avenir pour la gauche que diluée dans un regroupement transpartisan. On devine sans mal son inspiration jupitérienne.

Mais avant toute chose la gauche doit se renouveler en proposant de nouvelles têtes.

Preuve en est la dernière élection municipale bastiaise. Jean-Sébastien De Casalta, une personnalité neuve a fait vaciller une majorité sortante pourtant promise à une réélection sans encombre. Et, nombre d’observateurs s’accordent à dire que si le second tour s’était joué le dimanche suivant, la conclusion aurait pu être totalement différente.

Cependant, ce renouvellement doit être amplifié. Et pour cela, il doit s’appuyer sur une vraie dynamique qu’il faut cesser de réduire à une campagne électorale. Une dynamique dans laquelle peuvent se retrouver des partis mais à la condition qu’ils cessent de prétendre à une légitimité que les urnes ne leur accordent plus. Mais surtout une dynamique autour de personnes qui se reconnaissent dans les valeurs de gauche et qui veulent œuvrer pour améliorer le quotidien des Corses.

Pour cela les thèmes ne manquent pas. Il faut défendre le pouvoir d’achat des insulaires en le protégeant des monopoles que l’étroitesse de notre marché ilien favorise. La problématique des logements doit être une préoccupation majeure alors que 80% de la population est éligible aux logements sociaux. Il faut une politique ambitieuse adapté à la réalité du tissu social. Il faut cesser de voir un logement social comme un cadeau car il s’agit d’un devoir. Celui que notre société doit avoir envers ceux qui sont en situation difficile. De plus, on ne lutte de la même manière pas contre la spéculation immobilière dans un territoire hyper touristique comme Porto Vecchio ou dans un territoire en pénurie de logements comme le grand Bastia.

Il faut cesser de voir la pauvreté comme une fatalité qui frappe notre île. La combattre nécessite une volonté et un courage politique.

C’est à ce prix que la gauche peut retrouver sa place dans la société insulaire. Et c’est pour ma part, une cause au service de laquelle je suis prêt à m’investir avec tous ceux qui le désirent.

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