Bienvenue en Absurdistan!

J’ai fait une terrible bêtise ! Et, le remords me tenaille. Il faut que je libère ma conscience en avouant mon crime. Mais, ce n’est pas facile… Ne me jugez pas trop durement.

Alors voilà, il y a 10 jours, je faisais mes courses dans un hypermarché. Tout se passait bien, je faisais attention de ne pas regarder les rayons remplis d’objets interdits à la vente pour ne pas me soumettre à la tentation.

Mais, je ne sais pas ce qui m’a pris. J’étais dans l’allée centrale, mon caddie à moitié rempli. Et, sans que je le maitrise, mon regard s’est porté sur un rayon entravé d’un ruban de signalisation rouge et blanc. C’est alors que je le vis. L’objet de mon désir était là à portée de main, juste de l’autre côté…

Je vous assure j’ai essayé de partir mais mon charriot, soudain, pesait comme une tonne. Voilà plusieurs semaines que je n’avais pu acheter pareil article.

J’ai décidé de tenter ma chance. Tel un braqueur faisant le guet, j’ai pris mon téléphone, faisant mine d’être dans une discussion importante qui nécessitait que j’interrompe ma déambulation.

Personne à droite, personne à gauche. Mon cœur palpitait à m’en rompre la poitrine, mes mains étaient moites comme si je marchais sur une corniche étroite surplombant le vide.

N’écoutant que mon courage, je fis mine de m’étirer. J’avais visualisé la position de l’objet de ma tentation. J’allongeais mon bras et d’un coup je le saisis !

Mais, alors que je le ramenais sous mon bras que j’avais posé sur l’étagère d’une tête de gondole à moitié vide, j’entendis un bruit sourd ! Dans la précipitation, j’avais fait chuter d’autres objets au sol.

Tandis que des regards se tournaient vers moi, je prenais la pause du mec, heureux d’être là, qui n’a rien à se reprocher. Quoique, heureux dans un hypermarché quand on y réfléchit ça fait déjà un peu louche !

Et pendant que quelques clients cherchaient encore l’origine de ce bruit, je me lançais dans la contemplation du plafond du magasin.

Après quelques minutes, les derniers curieux ayant repris leurs courses, d’un geste rapide, je fis disparaitre l’objet du délit au milieu des autres articles de mon caddie.

C’est avec fierté, le regard malicieux, le torse bombé que je repris ma marche dans l’allée. C’est quand je tournai à gauche que je les vis. La police nationale déambulait dans le magasin.

Je me suis senti pâlir tout en me répétant « Frédéric, n’aies pas l’air suspect ! Frédéric, ils ne peuvent pas savoir ».

Le demi-tour m’était interdit, cela aurait paru trop louche.

J’ai ralenti ma démarche, histoire de trouver une solution. Et plus je me rapprochais d’eux, plus je sentais mes jambes défaillir. Je ne savais plus si je poussais mon charriot ou s’il me permettait juste de ne pas m’affaler. Je sentais des gouttes de sueur couler dans mon dos, il me semblait qu’ils savaient déjà le larcin que j’avais commis. Je me rapprochais d’eux, je n’étais plus qu’à quelques mètres d’eux, je me voyais déjà menotté.

C’est alors que, me ressaisissant, je pris brusquement l’aller sur la droite, le rayon des conserves.

Et machinalement, je mettais des conserves dans mon charriot. Je ne savais même pas lesquelles. Je les prenais au hasard tout en surveillant du coin de l’œil que les policiers dépassent l’allée.

Puis je sortis dans leur dos et me précipitai, mais pas trop vite, à la caisse.

J’avoue avoir bénéficié de la complaisance de la caissière qui accepta de passer le produit pourtant interdit en faisant mine de rien et en le plaçant elle-même au fond d’un sac.

Mais je n’eus le courage de me soucier de l’objet qu’une fois arrivé chez moi.

Tel un gangster suite à un braquage réussi qui, une fois en lieu sûr, se met à compter l’argent dérobé.

Avec un délicieux plaisir, je me saisis du livre et… Horreur ! « L’art du tricot circulaire, 45 modèles intemporels à empiècement circulaire ».

Dans la précipitation, je n’avais pas attrapé le bon.

Voilà ça fait 10 jours que je bouffe du cœur de palmier, les boites que j’avais mises machinalement dans mon caddie alors que je tentais d’échapper à la police.

Et, je culpabilise d’avoir succombé à la tentation… J’ai honte d’avoir été si faible alors que l’intérêt supérieur de la Nation est en jeu ! Que j’ai honte !!

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