Certaines personnes sous couvert de peste veulent nous vendre le choléra !

En d’autres termes, pour nous protéger de l’islam radical (le salafisme), elles nous proposent de nous jeter à corps perdu dans un catholicisme militant.

Mais pour cela, comme le désirent ceux qui nous agressent, il nous faudrait fouler aux pieds la laïcité.

Et à l’instar de cette droite décomplexée au niveau national, certains, chez nous, demandent, avec insistance, une reconnaissance de nos racines et/ou valeurs chrétiennes.

En soit, historiquement, nul ne saurait nier l’influence chrétienne ni, par ailleurs, l’héritage arabe en Espagne notamment en Andalousie. Cependant, ce rappel obsessionnel des « racines judéo-chrétiennes » devient gênant quand il sert aussi de prétexte à un rejet de l’immigré et des autres religions.

Il y a quelque chose de dramatico-comique chez ceux qui évoquent l’omniprésence de ce passé « judéo-chrétien ». A la dimension dramatique d’une inquiétante nostalgie, presque malsaine, pour les temps anciens se mêle l’aspect comique qui en font des visiteurs issus tout droit du moyen âge comme le comte Godefroy de Montmirail et son célèbre serviteur Jacquouille.

C’est le cas de Monsieur Paul Michel Castellani auquel Corse Matin a accordé une interview (lundi 2 novembre).

On a presque senti son émotion quand il a évoqué la grandeur du Pape Saint Grégoire le Grand (540 – 604), défenseur de l’intérêt du peuple corse contre les administrateurs civils qui le réduisaient à la misère.

Notons au passage que ces administrateurs étaient ceux de l’empire byzantin dont la religion d’Etat était… le christianisme !

A vrai dire, je n’aurais pas relevé l’interview de cet amoureux transi du Vatican s’il n’avait pas affirmé en page 4 du quotidien trois âneries.

La première est qu’un bon Corse ne saurait être que chrétien. De quoi faire retourner dans leur tombe quelques grands résistants communistes insulaires.

Entendons-nous bien ce monsieur peut croire en ce qu’il veut. Il a le droit d’être catholique ou pastafarien (celui qui croit au monstre spaghetti volant). Mais, il ne saurait imposer sa croyance aux autres à moins de regretter une époque où les mécréants tâtaient au mieux de l’excommunication au pire du bûcher voire des deux !

La deuxième est que la philosophie des lumières peut être « aveuglante ». Quoique quand on sort de l’obscurantisme religieux ce n’est pas tout à fait faux.

Le mouvement des lumières a été, en partie, un prolongement des découvertes de Nicolas Copernic au xvie siècle, peu diffusées de son vivant, puis surtout des théories de Galilée. Il faut avouer que ces découvertes gênaient l’église catholique qui entendait faire tourner le soleil autour de la terre.

On peut compter parmi les célèbres représentants de ce courant : Denis Diderot, Marquis de La Fayette, Molière, Montesquieu, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau (celui qui a prétendu que la Corse étonnera le monde.) On pourrait même citer Benjamin Franklin et Thomas Jefferson.

La troisième, et la plus grosse, réside dans cette affirmation : « la laïcité serait la destruction de la Corse comme de toutes les nations».

Le problème c’est que pour critiquer la laïcité encore faut il savoir ce que c’est.

C’est le linguiste Alain Rey qui en donne une bonne vision : « l’opposé de la laïcité ce n’est pas les religions c’est le cléricalisme ». Or le cléricalisme c’est l’opinion de ceux qui veulent une ingérence du clergé (quelle que soit la religion) dans la vie publique et politique.

Comme pour les caricatures contre lesquelles se sont dernièrement élevés certains représentants de l’église catholique, certains tentent de discréditer la laïcité qui serait un rempart moins efficace qu’un bon régime clérical catholique.

Soulignons que le dernier régime clérical que la France a connu est celui de Vichy !

La laïcité reste ce qui permet de s’opposer le mieux à tous ceux qui veulent d’une religion politisée qu’elle soit chrétienne, musulmane ou autre !

Une république laïque, française ou autre, est une république qui place ses lois au-dessus du droit religieux et qui privilégie un espace public neutre tout en respectant les religions, mais toutes, pas une seule.

N’en déplaisent à ces nostalgiques angoissés d’un passé révolu, la laïcité est un principe moderne que tout Corse peut adopter sans avoir l’impression de trahir ses racines !

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