Lettre à mon fils…

Mon fils adoré,

Lorsque je suis venu t’embrasser, tu dormais paisiblement. Un léger sourire illuminait ton visage de petit ange.
Tu sais, en tant que père, j’essaye de te préparer au monde dans lequel tu vas évoluer. Je t’explique en quoi l’école est importante. Je surveille tes devoirs. Et, je suis content que tu aies des amis. Seulement, voilà, je doute, de plus en plus, de l’avenir de la société qui sera la tienne. Et, je ne sais pas comment te préparer à cela.
Toi, qui joues avec tes copains sans te soucier de leur origine ou de leur couleur de peau, tu ne sais pas ce que la différence peut générer comme haine.
Tu ne comprends pas pourquoi il y a des terroristes qui tuent.
Tu ne comprends pas que des gens aient à fuir leur pays, leur maison, leurs amis pour survivre.
Tu ne comprends pas que des pauvres ne puissent pas avoir de maison.
Vois-tu, nous avons traversé au cours de notre histoire des périodes noires et sombres. Des périodes où des gens étaient massacrés pour leurs idées, leur conviction, leur différence.
Tant bien que mal un idéal de liberté nous a permis de surmonter ces temps troublés. Des hommes, que rien ne destinait à devenir des héros, ont, pourtant, donné leur vie pour assurer un avenir plus serein à leur semblable. Et, nous avons tous promis de ne jamais plus revivre ces moments.
Nous avons connu des périodes de crises économiques mais l’espoir d’un lendemain meilleur nous a permis d’y faire face. Oui, il y avait des hommes et des femmes politiques qui, sans doute, ne tenaient pas toutes leurs promesses mais ils savaient entretenir l’espoir.
Ces hommes et ces femmes politiques avaient leur part d’ombre mais ils savaient ce que représentait l’intérêt général.
C’était une époque où l’on savait encore innover avoir de l’imagination.
Et, mon fils, je ne sais pas ce qui s’est passé. Au lieu de réinventer la société, de chercher des solutions originales aux nouveaux problèmes, de prendre le risque de se tromper, les hommes et les femmes politiques ont renoncé.
Pire. Devant leurs échecs, au lieu de laisser la place à de nouvelles personnes capables d’entretenir cet espoir, ils ont trouvé plus profitable de cultiver la haine pour ne pas lâcher le pouvoir. Et, tout a commencé à partir à vau l’eau.
L’espoir est fragile mais il permet d’accomplir de grandes choses. La haine est puissante mais elle n’entraîne que destructions
Comment t’expliquer du haut de tes 8 ans ce qu’est la haine ? Par chance, tu n’y as jamais été confronté.
Au lieu de fédérer autour d’un projet bâti sur des convictions et des valeurs, leur programme s’est réduit à légitimer la colère des « uns » envers les « autres ».
Comment trouver le moyen de profiter de l’inexorable mondialisation ? Comment vivre avec un chômage qui ne disparaîtra plus ? Au lieu de trouver les réponses, ils ont fait de ton repas à la cantine un symbole de clivage, de rejet, du « eux » contre « nous ».
Ils ont assimilé la xénophobie, le racisme, l’homophobie et l’intolérance à de la colère.
Ils ont affirmé comprendre cette colère en légitimant ces haines.
Ils ont assimilé la bienveillance à une « pensée unique ».
Ils ont fait de l’humaniste un dictateur de la bien-pensance.
Incapables de redonner espoir, dans leur course au pouvoir, ils se sont mis en tête de recueillir l’adhésion des haines qui secouent notre société. Comme s’il était possible de les maîtriser…
Je pense à ton visage endormi, respirant l’innocence, et je frissonne en pensant à ces haines attisées par des élus que seul le pouvoir intéresse.
Ils devaient permettre au peuple de s’élever au lieu de cela ils se sont mis à flatter ses bas cotés.
Une large partie de notre société n’est pas haineuse, c’est vrai, mais elle laisse faire en détournant les yeux, espérant sauver le peu qu’elle possède. Elle pense sans doute que son désintérêt la mettra à l’abri du déferlement de haine. Alors que notre histoire a toujours démontré l’inverse.
En 2017, en mai, lorsque tu fêteras tes 9 ans, il y a de fortes chances que le nouveau président soit l’étendard sanglant des haines de notre société.
Comment ? Comment, mon petit bonhomme, te préparer à cela ? Le père que je suis n’en a aucune idée.
Mais, je ne veux pas te priver de ton insouciance d’enfant. Alors, joue, profite, étudie. Tout ce que je peux te faire c’est une promesse. Celle de t’assurer qu’ils n’auront jamais notre humanité quand la tempête sera sur nous. Aussi longtemps que je le pourrais, je te promets de garder ta main dans la mienne pour te guider du mieux que je le peux.
Dors, ma petite tête blonde. Profite de tes rêves. L’ère de la haine gronde déjà au loin…

Ton papa qui t’aime

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