Tremblons! Le burkini débarque…

Une nouvelle menace planait sur nos têtes. Mais (ouf !) nous sommes sauvés. Eh, bien oui! Le burkini est interdit ! La terrible menace est écartée. Non, c’est vrai ! Déjà, que nous avions des plages où des gens se baignent tout nus, si en plus nous avons des gens qui se baignent tout habillés, non mais où irions nous ? Et puis, imaginez la chanson « j’aime regarder les filles » avec des plages remplis de femme en burkini ! Cela n’avait pas de sens !
Bon, plus sérieusement, que dit l’arrêté municipal de la ville de Cannes qui, justement, interdit le burkini. Il y a interdiction « d’accès aux plages et de baignade à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime, ainsi que le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraires à ces principes ».
Contraire aux bonnes mœurs ? Et, bien non, puisque justement avec le burkini les femmes ne sont pas suffisamment dénudées.
L’hygiène ? Devant les dizaines de personnes, prenant la pose « je-réfléchis-à-la-complexité-de-ce-monde » en scrutant l’horizon, pour se soulager, en toute discrétion, dans la mer, on ne voit pas en quoi le burkini présenterait un problème majeur d’hygiène.
L’argument de la laïcité semble être le plus probant. Voyons ce que dit la loi : «La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions (…) édictées dans l’intérêt de l’ordre public».
Dans l’espace public, que ce soit dans la rue, les transports en commun, les commerces ou encore les centres commerciaux, chacun a le droit de porter un signe religieux ou le voile. La neutralité s’impose en effet à l’État et à ses représentants, mais pas aux usagers ni aux citoyens à l’intérieur des établissements publics, dont les écoles.
Depuis la loi de 2010, il est toutefois interdit de «porter une tenue destinée à dissimuler son visage» dans l’espace public – le voile intégral est ainsi interdit.
Mince, encore raté, la laïcité n’interdit pas le burkini (qui ne masque pas le visage). Notons, à toutes fins utiles, que la laïcité n’est pas une loi censée faire de la religion catholique la seule religion. «Signe religieux » veut dire croix, kippa, voile etc. Si un signe religieux est interdit, la laïcité implique qu’ils le soient tous.
Cependant, l’ordonnance du tribunal administratif nous apporte un autre éclairage «dans le contexte d’état d’urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice il y a un mois, l’affichage de signes religieux ostentatoires (…) en l’espèce sous la forme de tenues de plage affichant leur religion, sont de nature à créer ou exacerber des tensions parmi les nombreux usagers du domaine maritime, de toutes confessions, qui fréquentent les plages de Cannes au mois d’août, et un risque de troubles à l’ordre public».
Cela veut dire que dans un contexte post attentat où les gens sont à fleur de peau, il vaut mieux éviter des tensions en interdisant le port du burkini. En clair, pour éviter la ratonnade, interdisons le burkini.
Elargissons ce raisonnement, pour éviter toute tentative de harcèlement ou, carrément de viol, dans des établissements nocturnes où l’alcool, coulant à flot, booste la testostérone de mâles frustrés, il vaut mieux interdire le port de la mini jupe. Cela fait sourire, pourtant, cela tient du même raisonnement.
Je vais être clair, je trouve le concept du burkini grotesque. Et, effectivement, aller à la plage pour rester habillé n’a aucun sens. C’est comme aller au cinéma pour regarder l’écran blanc. Le port du burkini tient plus du ridicule que de la provocation.
Mais, je trouve également grotesque de se focaliser sur le burkini. Et, nous nageons dans l’absurde quand on en vient à considérer que sur une plage, l’été, il faut, obligatoirement, être en maillot. Si une femme reste en robe légère longue avec un foulard sur la tête pour se protéger du soleil, comment savoir si cela tient du religieux ou d’autre chose ? Va-t-on se fier à sa couleur ? Plus la peau serait foncée, plus la motivation serait religieuse….
Enfin, bien que cela n’ait été relevé ni par les maires, ni par les juges, certains arguments en faveur des droits des femmes s’entendent. Pour Manuel Valls, le burkini est « un symbole d’asservissement de la femme ». Donc, les femmes, que l’on suppose incapables de s’affirmer (même dans le ridicule), seraient coincées entre un mari, ou un père, qui les oblige à totalement se couvrir et des policiers municipaux, qui les obligent à se dénuder pour respecter un arrêté municipal.
Les pro et anti burkini (majoritairement des hommes) se disputent, au nom du droit des femmes, sans même leur demander leur avis. Et, ces querelles intellectuelles montrent un certain mépris à l’égard des femmes qui ont toujours dû arracher, de hautes luttes, l’amélioration de leur statut.
Et, pendant, qu’on multiplie à l’envie ces mesures populistes, nous continuons de commercer tranquillement avec l’Arabie Saoudite et le Qatar tout en leur distribuant des légions d’honneur. Pourtant, ces deux pays veulent diffuser le wahhabisme c’est-à-dire un islam très rigoriste (proche du salafisme). De plus, la haine, qu’ils vouent aux chiites, les pousse à financer des organisations terroristes.
Décidément, le populisme est à nos élus ce que le burkini est aux musulmanes, c’est-à-dire tout simplement ridicule !

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