Critique de la bien pensance : l’arme du racisme nouveau et décomplexé.

Je vais vous parler de deux condamnations. L’une médiatique avec Nadine Medrano… euh pardon… Morano et l’autre judicaire avec Jean Paul Guerlain âgé 80 ans.
Si les propos de Nadine Morano sur l’existence d’une race blanche n’ont échappé à personne, je vous rappelle ceux de Jean Claude Guerlain : « je me suis mis à travailler comme un nègre… si tant est… que les nègres n’aient jamais travaillé » (JT de 13h sur France 2 fin 2010)

Je vois, pourtant, entre ces propos, une différence fondamentale. « Travailler comme un nègre » est une expression tirée de la France colonialiste qui veut dire travailler durement. L’autre partie de la phrase est un ajout tout personnel de Jean Paul Guerlain ! Une chose dont on aurait pu rire dans la bouche d’un Desproges. D’ailleurs, si Guerlain avoue avoir voulu faire une plaisanterie, il reconnait également la bêtise de son propos.
Justement, où est la différence entre un Desproges et un Guerlain ? Le premier était connu pour son humour subversif et désabusé, le second pour ses parfums.
Mais, il est vrai qu’en tant que simple quidam nous pouvons nous sentir enfermés par ce politiquement correct qui cherche à uniformiser notre langage en y supprimant tout ce qu’il peut y avoir de provocateur.
Ainsi, Tony Parker se fait vilipender par les associations défendant les droits des homosexuels car à la fin d’un match mal entamé, il déclare « en première mi-temps nous avons joué comme des tapettes »
De même, Nicolas Bedos, l’humoriste, est trainé devant les tribunaux pour propos racistes suite à des chroniques publiées dans Marianne. On lui reproche notamment d’avoir évoqué une «indolence insulaire». Alors qu’en Guadeloupe la notion d’indolence a une signification particulière, elle se rattache à «celui qui ne ressent pas la douleur». Celle des «coups de fouet» « (selon le président du collectif qui a porté plainte contre Nicolas Bedos)
Selon l’avocat de ce collectif, le problème n’est pas de savoir si l’humoriste est raciste mais si ces propos le sont. Et c’est sans doute là le nœud du problème.
Pourtant, entendre Desproges dire, avec son ton inimitable, « Il faut toujours faire un choix, comme disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin ! » Me fait bien plus sourire que si ces mêmes propos étaient prononcés par Lepen
A l’heure de l’ultra-médiatisation, les propos deviennent plus importants que la personne qui les prononce.
Tourner différemment, cela consisterait à se faire médiatiser en allant chercher du racisme là où il n’y en a pas. Qui aurait entendu parler du collectifDom s’il n’avait pas porté plainte contre Nicolas Bedos ?
Ce «parler correct » donne une sensation d’étouffement. C’est comme si le droit à la différence avait fait place à la dictature de l’indifférence.

Et, c’est à force d’aller dans cette voie, qu’on brouille les cartes. Les ayatollahs du « politiquement correct » (qui se prennent, à tort, pour les champions de « bien pensance ») ne comprennent pas qu’à tant crier au loup, à tort et à travers, ils sont en train de brouiller le message et de banaliser les véritables maux de notre société.
C’est, justement, ce qui se passe avec les propos de Nadine Morano. Car ces propos sont d’une tout autre dimension que ceux de Jean Paul Guerlain, de Tony Parker ou de Nicolas Bedos. Evoquer la notion d’une race blanche c’est légitimer le penchant raciste. Une fois acquise l’idée de l’existence de différentes races humaines, on sera tenté de les hiérarchiser. D’ailleurs cela a déjà été fait.
Or, les défenseurs de Nadine Morano se sont engouffrés dans la dénonciation de la tyrannie du « penser correct ». Elle en est devenue victime. Le raisonnement est simpliste : « Si elle est si attaquée c’est que ses propos dérangent, s’ils dérangent c’est qu’ils ont un fond de vérité »
Dans le fond, c’est le même raisonnement utilisé par les subversifs dans années 70, s’ils dérangeaient l’autorité c’est qu’ils étaient sur la bonne voie.
Ainsi Nadine Morano serait victime de la pensée unique ou Doxa (chère à Zemmour).
Une pensée unique bien-pensante qu’une élite chercherait à imposer au peuple.
Ainsi, une fois la bien-pensance marquée du sceau de l’autorité, on lui prête de n’être que l’expression de la volonté d’une élite, de bobos coupés du monde méprisant le peuple qui souffre.
De ce fait, l’antiracisme se trouve contaminé par cette association. Le raciste ne prétend plus l’être, il se contente de faire la critique de l’antiracisme. On n’avoue pas ouvertement que l’on veut refuser l’entrée des réfugiés chassés par les guerres, on va dénoncer l’émotion bien pensante de ceux qui plaident pour leur accueil.
Et, le phénomène du repli sur soi, que les difficultés économiques amplifient, se trouve dopé par la montée du l’identitarisme.
Depuis, les années 30, sous la plume de l’écrivain, anti dreyfusard Georges Bernanos , la critique de la bien-pensance se veut diriger contre les progressistes qui sont accusés de vouloir diluer l’identité française.
Et comment protéger cette identité ? En réduisant le nombre d’immigrés par les expulsions, en instaurant les contrôles aux frontières et en iétablissant une préférence nationale. Mais, au lieu de se commettre dans l’arène politique en affirmant de telles choses, il suffit de faire croire que la protection de l’identité nationale coïncide avec l’intérêt du peuple.
Si le peuple souffre et que la bien pensance est située du coté de l’élite, de ces fameux 1%, chers à Soral et Chouard, ce sont toutes les idées progressistes qui sont attaquées.
Car, réfléchissons un peu, quel est le bilan de cette bien-pensance depuis l’après guerre : le droit à l’avortement, la contraception, le rejet du racisme, le rejet de l’homophobie, le droit des femmes, l’abolition de la peine de mort etc etc.
Mais, il est nécessaire que ce peuple déjà enfermé par sa souffrance sociale ne puisse pas s’émanciper. D’où cette critique récurrente des médias qui seraient aux mains de cette même élite. Cette presse qui désinformerait en ostracisant ceux qui s’opposent à la bien-pensance. C’est la preuve même de l’asservissement des médias. Evident, non?
En gros, si vous avez une vie de merde, tournez le dos à une supposée élite en vous opposant à la bien-pensance c’est-à-dire décomplexez votre haine envers tel ou tel groupe social, telle ou telle religion, tel ou tel type d’étrangers.
Il s’agit d’une forme totale de déresponsabilisation, puisque la solution à vos problèmes, n’est plus entre vos mains mais passe par le rejet de l’autre
Et, il s’agit aussi de la justification de la paresse et du désintérêt que l’on porte à la société. Comme les médias sont des complices, plus ou moins consentants d’une élite bien pensante, ne les lisons plus et jouons à Candy Crush ou gavons nous de télé réalité !
Mais, ce n’est pas parce qu’on a la paresse de s’intéresser à autre chose qu’à sa propre personne qu’il faut se croire obligé de la justifier en légitimant la haine des autres.

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