Étonnant préambule…

Qu’est ce qu’on s’emmerde un jour férié ! En plus, je ne sais pas pourquoi il fait toujours mauvais ! Bref, je ne vais pas faire étalage de mes états d’âmes. Mais, pour meubler cette morne journée, j’ai voulu lire la Constitution française. Oh fou ! Me direz-vous. C’est vrai, je l’admets.
Cependant, on entend régulièrement parler de débats constitutionnels, de réformes retoquées car anticonstitutionnelles. Alors j’ai voulu m’y pencher. Et puis, n’oubliez pas que « anticonstitutionnellement » est le mot le plus long de notre langue !
Et bien, j’en suis tombé la renverse ! Non ! Ni d’ennui, ni de sommeil. Et, d’ailleurs, je n’ai pas eu besoin d’aller loin dans ma lecture. Dès son préambule, j’ai été sidéré.
Je suis désolé pour les moins patients d’entre vous, mais je me dois de vous livrer trois articles du préambule de notre Constitution :

5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

10. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

J’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois. J’ai d’abord cru être tombé, par erreur, sur un manifeste gauchisant et, non, sur notre Constitution.
Or, il faut le savoir, une Constitution est apolitique. En fait, c’est un ensemble des lois fondamentales qui, dans un pays, règle l’organisation et les rapports des pouvoirs publics et, éventuellement, détermine les principes qui régissent les relations des gouvernants et des gouvernés.
Mais, surtout l’adoption de ce préambule, toujours en vigueur aujourd’hui, remonte au Gouvernement provisoire de la République française, avec à sa tête le général de Gaulle. Notre bon vieux général qu’on peut taxer de tout sauf de penchants gauchisants !
Ce préambule fixe les règles fondamentales de notre vie en société. En somme, être français, c’est, avant tout, admettre et respecter cette Constitution.
Or, depuis la crise, la dénonciation de l’Etat providence est devenue une mode. De plus en plus d’élus, s’élèvent pour affirmer que les Français n’en peuvent plus d’avoir à supporter la charge des assistés. Oui, par un tour de passe-passe, le démuni devenant un assisté. Des élus, ignorants sans doute la constitution, ne se rendent pas compte de l’anti constitutionalité de leurs propos. Il faut dire, à leur décharge, qu’ils ne doivent pas s’ennuyer un jour férié !
Bien entendu, les abus ne sont pas admis. Mais, en somme, remettre en question cette solidarité nationale envers les plus démunis pour éradiquer les fraudeurs, reviendrait à mettre en prison les innocents pour être sûr que les coupables ne soient pas en liberté. En effet, 100% des coupables ont bien été, à un moment de leur vie, innocents.
Nous assistons, en ce moment, à un débat autour de la nationalité française et son obtention (par droit du sol ou pas). Cependant, être français est avant tout l’acceptation de l’organisation morale que fixe sa Constitution. Payer des impôts, par exemple, n’est pas une contrainte mais un acte qui fait de nous des Français.
Bien évidemment, il ne s’agit pas de croire que plus on en paie, plus on est Français. Ce qui reviendrait à déchoir de leur nationalité ceux qui n’en paient pas. Ce qui est important ce n’est pas l’égalité devant l’impôts mais, bien, l’égalité de l’effort pour maintenir cet idéal.
Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple prôné par les pourfendeurs de l’impôt. Ces derniers réclament une « flat tax ». C’est-à-dire un même taux d’impôt pour tout le monde. On recense, dans le monde, 41 pays qui l’appliquent. Dans ces pays, où l’on retrouve les modèles économiques que sont le Haut Karabagh ou encore le Timor Oriental, cette taxe tourne autour de 15%.
Donc, que l’on gagne 1300 euros par mois ou 100 000 euros par mois, on se verrait appliquer cette taxe identique. Reconnaissons que payer 195 euros sur un salaire de 1300 euros mensuel représente un effort bien plus grand que de payer 15 000 euros sur un salaire de 100 000 euros mensuels. Dans le premier cas, il ne reste plus que 1 105 euros pour vivre dans l’autre 85 000 euros !
Les entreprises du cac 40 sont, également, pourvoyeuses en critiques contre les charges. Des charges qui repousseraient les capitaux étrangers. Pourtant, un cac 40 qui, étrangement, en culminant à plus de 4300 points, ne s’est jamais aussi bien porté. Et, la France ne représente plus que 52% du capital du cac 40. Des entreprises comme Total, Michelin et notre très français Pernod Ricard sont, même, détenues en majorité par des capitaux étrangers.
C’est vrai ! On peut deviner la mine déconfite de l’actionnaire Texan, si on lui lisait les articles 5, 10 et 11 de notre Constitution.
Etre Français, ce n’est pas empêcher d’être millionnaire ou qu’une entreprise gagne des milliards. Etre Français, c’est l’acceptation de l’organisation morale que notre Constitution fixe dans son préambule. Et, pour cela, il est demandé à l’ensemble des Français non pas une égalité devant la taxe mais une égalité, relative, devant l’effort permettant l’application de notre Constitution.
Or, il me semble que les plus grands étrangers ne sont pas parmi ceux qui sont pointés du doigt mais bien parmi ceux qui pointent du doigt.

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