Harcèlement sexuel: les limites de la loi

La polémique, cette aptitude que certains ont à tourner le dos au politiquement correct, qui, avouons le, peut être d’un ennui mortel!
Tiens amis lecteur, que penses-tu de cette loi sur le harcèlement sexuel ? Il n’y a pas de doute, elle est importante. Il faut protéger toutes les Monica du monde contre les cigares des pervers Bill, c’est incontestable.
Cette loi est probablement plus destinée à protéger les victimes féminines que les hommes. En effet, j’imagine mal certains lecteurs (ils se reconnaitront) courir au commissariat du coin si Demi Moore, au temps de sa splendeur, les harcelait. Je les imagine même en redemander ! Il n’y a que dans les films que nous voyons un homme s’en plaindre !
Mais revenons à nos fragiles Monica, pour les protéger le parlement a pondu une loi. Une loi peut, sous certains aspects, être considérée comme un outil moral.
Par exemple, vous qui me lisez, il ne vous viendrait pas à l’esprit, enfin je l’espère, de voler la jolie voiture de votre voisin même si vous rêvez de la posséder. Notre éducation, nos valeurs font que nous ne pourrions dérober le bien d’autrui pour satisfaire un plaisir purement matériel. Pourtant, il y a bien une loi qui punit le vol. Ainsi, cette loi définit ce qui peut être volé, la notion de propriété d’autrui, les différentes manières dont cet acte peut être commis et bien, entendu, les sanctions qui dépendent de ce que l’on vole, à qui on le vole et comment on le vole.
Mais revenons à nos Monica. La loi que vient d’adopter le parlement définit dans son article 222-33. du code pénal que le harcèlement sexuel est le fait d’user de menaces, d’intimidation ou de contrainte, ou d’exercer des pressions de toute nature dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle.
Il faut noter dans « exercer des pressions de toute nature dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuel » l’étendu assez vague de la définition.
D’autant plus vague, si l’on prend la peine de regarder la définition de « draguer ».
Draguer : chercher à faire connaissance avec qqn en vue de relations érotiques (Petit Robert).
Avouons que les définitions peuvent être considérées comme assez proches.
Je ne saurais qu’appeler à la plus grande mesure les plus grands dragueurs d’entre vous (Momo si tu me lis !).
Mais la loi a, également, sa traduction dans le code du travail. L’article. L 1153-1. : constitue un harcèlement sexuel tout propos, acte ou comportement non désiré, verbal ou non verbal, à connotation sexuelle, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte aux droits et à la dignité d’une personne ou de créer un environnement intimidant, hostile, humiliant ou offensant.
La magnifique Laetitia ne peut elle pas considérer comme offensant de se faire draguer par le gros, boutonneux, myope et bête Robert, son collègue. Elle pourrait, même, trouver humiliant qu’il puisse, une seule seconde, envisager qu’elle soit intéressée par lui !!
Ce qui est assez cocasse, c’est que, selon un sondage opinionway, près d’un tiers des Français et des Françaises (31%) disent avoir eu une relation amoureuse au travail. Ce même sondage nous apprend que la moitié des personnes interrogées (51% des hommes et 49% des femmes) estime que l’environnement de travail est propice « au flirt, à la drague ou à la rencontre amoureuse ».
Il est incontestable que les Monica du monde entier doivent être protégées. Mais, peut-on ou doit-on empêcher un homme ou une femme de tomber amoureux de sa ou de son collègue. Où s’arrête la séduction où commence le harcèlement ?
La loi tranche quand « acte ou comportement non désiré, verbal ou non verbal, à connotation sexuelle crée un environnement intimidant, hostile, humiliant ou offensant »
Alors ami lecteur, si tu es salarié et que tu craques sur Laetitia, ta collègue, je saurais que trop te conseiller d’aller, immédiatement, te passer la tête sous l’eau froide. Mets-toi une gifle au lieu de lui faire une bise. Flagelle-toi plutôt que de lui offrir un café à la machine. Claque lui la porte au nez plutôt que de faire preuve de galanterie.
Mais si tu craques sur une subordonnée, alors démissionne et déménage aux antipodes sans plus attendre.
En effet, là où naïvement tu imagines avoir trouvé le grand amour en écoutant « My heart will go on » de Céline Dion, tu risques de te retrouver à tâter de la matraque du gros Roger, maton de son Etat !
Il faut que tu saches que la loi sur le harcèlement prévoit une peine d’emprisonnement d’une année !
Bon d’un autre coté, si vraiment tu écoutais du Céline Dion, tu mériterais la prison…
( à toutes fins utiles, et pour les mauvaises langues, je précise que lorsque je suis parti vivre à Buenos Aires, j’étais étudiant !)
Personne ne doutera de l’intérêt des lois. Une loi qui protège la veuve et l’orphelin, les plus faibles contre le pouvoir des plus forts. Une loi qui évite les excès. Une loi qui permet le respect d’une certaine justice et la cohésion sociale.
Mais à force de faire des lois qui essayent de tout prévoir, ne risque-t-on pas de déresponsabiliser l’individu ? Ne sommes nous pas en train de sacrifier la liberté individuelle sur l’autel de l’interêt général et du bien pensant ?
Tout devient réglementé, encadré et sanctionnable… Par exemple, pourquoi se fatiguer à éduquer ses enfants ? Offrons leur un exemplaire du code pénal !
Mais, en cette période de crise, en cette période où l’amélioration de la productivité est une sorte de Graal, l’ironie de la situation est donnée par ce même sondage car 55% des français considèrent qu’être amoureux a un impact positif sur leur efficacité dans leur activité et les femmes (56%) sont encore plus nombreuses que les hommes (53%) à le penser !
Etonnant non ?

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